Nos Valeurs

Said et moi nous engageons dans un voyage à la fois long et passionnant avec ChainSkills. Et souvent au début de ce genre de voyage, il est utile de prendre le temps de la réflexion et de se demander qui nous sommes, en quoi nous croyons, quelle est notre ambition et ce que nous voulons accomplir. C’est ce que certains appellent Mission/Vision/Valeurs, mais que nous décidons désormais d’appeler Identité/Ambition/Projet parce que nous estimons que la réflexion a plus de sens dans cet ordre, et qu’il y a trop d’ambiguïté sur ces termes de mission, de vision et de valeurs. Le but de cet article est de poser les bases de l’identité de l’équipe derrière ChainSkills.

Pragmatisme

Nous sommes tous les deux de grands passionnés de technologie, mais avant tout comme un moyen, et rarement comme une fin en soi. Pour nous, la technologie doit toujours être utile et utilisable.

Utile parce que la technologie pour elle-même, sans application concrète, sans impact sur la vie sonne comme un monstrueux gâchis lorsque l’on considère le nombre infini de problèmes que pourrait résoudre la technologie.

Utilisable parce que la plus élégante des technologies échouera toujours si elle n’est pas pensée autour de ses utilisateurs, en gardant à l’esprit leurs environnements, leurs écosystèmes et leurs modèles mentaux.

Or quand on parle de cryptographie, de sécurité et de réseaux, et qu’en plus on mélange à tout ça un peu d’économie et de finance, comme c’est le cas quand on parle de crypto-monnaies par exemple, il est très facile de se laisser emporter par les grands concepts abstraits, le jargon excessif et un certain intégrisme qui menacent forcément ce pragmatisme.

Nous partons du principe que, tout en tirant le meilleur parti des bénéfices d’une technologie, il est parfois nécessaire de trouver des compromis acceptables pour que la technologie reste utile et utilisable.

Innovation

Le propre de la technologie est de rendre possible ce qui ne l’était pas, ou de rendre beaucoup plus facile quelque chose qui était compliqué. Ce faisant, il est fréquent qu’elle bouscule l’ordre établi, qu’il s’agisse de règles légales ou fiscales, d’un modèle économique, ou d’une industrie. Le mot à la mode en Anglais pour désigner ces bouleversements parfois fondamentaux est la « disruption ».

Quand un écosystème se fait disrupter, comme ce fut le cas récemment pour l’écosystème des taxis avec Uber par exemple, une réaction naïve est de tenter de stopper le changement dans sa course en interdisant ou en faisant interdire l’innovation.

Il peut arriver également que le politique s’en mêle, sous la pression de certains lobbies, pour surcompenser la simplification technologique par une complexification administrative, comme ce que tente manifestement de faire l’administration belge avec des modèles comme Menu Next Door par exemple.

Notre position par rapport à toutes ces tendances est claire: nous estimons que la technologie a pour mission intrinsèque d’améliorer nos vies, de les rendre plus simples et plus enrichissantes, et nous estimons également que rien d’artificiel ne doit venir ralentir ou bloquer cette innovation. Par artificiel nous entendons ici la protection de constructions abstraites comme la notion d’emploi, ou de concurrence déloyale par exemple. L’innovation nous force tous à nous adapter, à faire évoluer nos croyances et notre vision du monde, et à grandir en tant que civilisation.

C’est pourquoi nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour minimiser les compromis dont le seul but serait d’accommoder les anciens modèles administratifs, législatifs, concurrentiels ou fiscaux. Le potentiel disruptif de la blockchain est bien trop grand.

Notez que nous parlons bien de minimiser les compromis, et non pas de les éliminer, car nous sommes conscients qu’à certains moments, de tels compromis seront inévitables pour rester pragmatiques.

Et bien entendu, nous ne considérons pas comme artificiels la santé, le bien-être et l’intégrité des destinataires de cette innovation, et que tant que les règles légales, fiscales et administratives auront pour objectif principal de protéger ces éléments, nous nous y conformerons sans condition.

Lean

Said et moi avons tous deux baigné depuis des années dans la culture des méthodologies Agiles de développement logiciel. Et aujourd’hui en tant qu’entrepreneurs, nous croyons fortement dans les valeurs du Lean Startup.

Derrière ces pratiques se cache la notion que nous disposons de ressources précieuses, qu’il s’agisse de temps, d’énergie, ou plus pragmatiquement de moyens financiers, et qu’il est de notre devoir d’utiliser ces ressources avec la plus grande efficacité possible, afin d’aller le plus loin possible.

Dans cette optique, nous avons toujours été portés vers une approche expérimentale, incrémentale et itérative dans la construction de nos projets. Nous cherchons rarement à faire les choses parfaitement du premier coup, à réfléchir complètement à un problème avant de passer à l’action. Nous préférons l’expérimentation et l’observation empirique à l’hyper-théorisation. Nous préférons les prototypes qui font 80% du travail avec 20% des efforts. Et nous croyons dans la nécessité de tester et de valider ces hypothèses le plus tôt possible, avant de les implémenter.

Comme dans tout nouveau domaine, notre principal objectif ici n’est pas de nous enrichir financièrement, mais d’apprendre, de comprendre et d’intégrer. Un jour peut-être, nous aurons suffisamment appris pour capitaliser sur cette expertise et cette compréhension. Mais dans un premier temps, nous voulons explorer et comprendre, et ce de la manière la plus lean et pragmatique possible.

Humanisme

Il se trouve que la technologie de la blockchain a été découverte dans le contexte d’une implémentation financière avec le Bitcoin. Ce faisant, elle en a hérité certains des concepts philosophiques que nous ne partageons pas complètement.

L’essentiel de la finance de marché actuelle est basée sur les théories néo-libéralistes selon lesquelles l’être humain est cupide et égoïste, et qu’il est donc inévitable de prendre ces tendances à bras le corps et de les intégrer pleinement dans les règles qui régissent les marchés en pariant sur le fait que la somme des intérêts individuels aboutira forcément à une amélioration sur le front de l’intérêt commun.

À ces théories, nous opposons deux objections:

  • Certaines crises majeures, y compris celles que nous traversons encore aujourd’hui, tendent à démontrer qu’avec l’augmentation des enjeux et des inégalités, les intérêts individuels de certains peuvent les amener à tout faire pour pulvériser les intérêts individuels des autres, surtout lorsqu’il leur est possible de se cacher derrière des chiffres, des règles administratives et des structures anonymes. Dans une telle situation où les inégalités sont trop grandes, le pouvoir se concentre entre les mains d’une minorité qui met à mal l’intérêt général de manière à concentrer toujours plus de pouvoir. Nous ne pouvons donc que nous poser la question de la solidité de ce principe qui voudrait que l’intérêt général ne soit que la somme des intérêts individuels.
  • S’il est vrai que l’instinct de survie et d’adaptation qui fait partie de notre patrimoine génétique est une force puissante, il en est au moins une autre qui ne nous semble pas suffisamment exploitée dans les grands schémas d’interactions humaines comme la finance: l’instinct grégaire. S’il est vrai que l’individu fera tout pour préserver sa vie, et s’adaptera pour préserver son existence et celle de sa lignée, il sait aussi l’importance du groupe et de son intégration dans celui-ci pour favoriser non seulement ses chances de survie, mais aussi sa qualité de vie elle-même. Il sait instinctivement qu’il a besoin des autres, autant que les autres ont besoin de lui, et qu’avec toute la puissance individuelle du monde, il n’est rien s’il est isolé.

Pour ces deux raisons, nous aimerions voir émerger un système qui remettrait au premier plan les notions de réputation, de responsabilité et d’intérêt mutuel pour aller vers une autre vision macro-économique.

Par ailleurs, il est important de souligner que nous n’adhérons pas à cette idée qu’il existe une dichotomie entre capitalisme et socialisme, que le socialisme ayant été tenté par le passé sans succès, le capitalisme est la forme de société la plus évoluée possible. Nous pensons qu’il existe une autre voie, une voie qui remettrait en avant les notions évoquées plus haut, mais à une échelle plus grande. Et nous pensons que la blockchain, dans son modèle décentralisé et distribué, est une plateforme idéale pour amener ce genre de changement sociétal.

Ouverture

La blockchain est un sujet complexe, qui fait intervenir des concepts pointus d’informatique, de mathématiques, d’économie, de finance, etc. Avec de tels sujets, il est facile de se perdre dans le jargon et les acronymes.

De plus, avec la blockchain, il est raisonnable de constater que nous assistons à l’aube d’une révolution technologique avec son effet « eldorado » qui fait naître une génération d’experts auto-proclamés et opportunistes qui voient ce champ  comme un terrain à se répartir, où plus il y aura de monde, plus les parcelles seront petites. Par conséquent, la tentation est grande d’exclure, de fermer, et de mettre les explorateurs de ce Nouveau Monde dans des cases: les experts d’un côté, les novices de l’autre.

En ce qui nous concerne, nous n’abordons pas ce domaine comme un « zero-sum game » dans lequel il faudrait que certains perdent pour que nous gagnions (plus). Pour nous, il s’agit d’un champ gigantesque, dont le potentiel est virtuellement illimité, et qui appelle une énorme diversité de points de vue et de directions philosophiques, tant la portée des changements potentiels est grande.

C’est pourquoi nous sommes convaincus que les novices d’hier sont les experts de demain, mais surtout que tout le monde n’a pas besoin d’être un expert dans un domaine pour avoir voix au chapitre. Nous pensons que tout le monde doit pouvoir s’approprier ces concepts au maximum de ses capacités, et notre approche sera toujours de faciliter cet accès, et non de le restreindre.

Et puisqu’en toute humilité, nous sommes nous-mêmes au tout début de notre exploration de ce vaste domaine, nous irons toujours plus naturellement vers ceux qui rendent l’information accessible et qui cherchent à inclure plutôt qu’à exclure.

Notre approche ici sera toujours de découvrir ensemble, de partager ce que nous pensons avoir compris, en toute bonne foi, avec la communauté, et d’inclure au maximum tous les retours constructifs que nous recevrons pour les rendre accessibles à leur tour au plus grand nombre.

Vos commentaires, vos corrections, vos suggestions, vos opinions et vos questions seront donc toujours les bienvenus sur cette plateforme.

Notre objectif avec ChainSkills n’est absolument pas de créer une société secrète, un groupe élitiste et fermé qui chercherait à protéger ses certitudes et ses acquis.

Nous croyons dans les valeurs de l’Open Source, du partage et de la collaboration ouverte et transparente. Et ce blog en est la première manifestation. En partageant notre démarche d’apprentissage, nous espérons qu’elle aidera d’autres explorateurs à avancer sur ces sujets, et que nos expériences partagées produiront un résultat plus grand que leur somme.

Cela s’appliquera évidemment à la plupart des produits et des expériences qui émaneront de nos expériences, qui seront eux-mêmes Open Source par défaut, sauf circonstances particulières.

Enfin, cet esprit d’ouverture s’applique également à tous ceux qui désireront participer à ce voyage, sans distinction d’âge, de sexe, de croyances ou d’origine, du moment qu’ils se tiennent eux-mêmes aux mêmes valeurs d’ouverture.

Pas de dogmatisme

Si la blockchain était une religion, Satoshi Nakamoto en serait probablement son dieu, Vitalik Buterin son prophète. Le livre blanc Bitcoin serait l’Ancien Testament, le livre blanc Ethereum serait le Nouveau Testament. Et il y aurait des apôtres et des prêtres qui se feraient la guerre pour propager leur bonne nouvelle.

Nous ne nous positionnons pas du tout dans cette logique. Notre vision est celle d’une communauté ouverte d’esprit, pragmatique et non-dogmatique, dans laquelle on ne fait pas les choses d’une certaine façon uniquement parce que certaines autorités nous on dit qu’elles devaient être faites ainsi. Nous cherchons à comprendre, à intégrer et à monter sur les épaules de nos pairs pour construire quelque chose de plus grand et faire émerger des applications pratiques qui apportent de l’innovation dans la société humaine.

À ce titre, tout en respectant l’expertise et le travail de ceux qui nous ont précédés, nous nous méfions par défaut de l’argument d’autorité, que nous essaierons toujours de détricoter pour mieux comprendre les motivations derrière les choix, quitte à explorer d’autres choix, et à réfléchir « en dehors de la boîte ».

Pour finir, nous ne nous voyons pas du tout comme des apôtres de la blockchain, nous ne nous positionnons absolument pas comme des détenteurs d’un savoir à transmettre, mais plus comme des explorateurs avec et pour la communauté.


Bien entendu, si vous avez des questions, remarques, corrections ou suggestions, les commentaires sont ouverts, et tant qu’ils restent constructifs, ils seront les bienvenus.


Said & Sébastien